Réflexions pour l'émergence d'une Gauche républicaine et souverainiste

Economie

En matière d'économie, je considère qu'avant de tenter de définir les moyens à mettre en oeuvre, il faut définir l'objectif à atteindre.

Trop souvent, en politique, on se concentre sur le comment faire avant de se poser la question du pour quoi faire ? Ou dit autrement, dans quel type de société voulons nous vivre et quels sont les objectifs fondamentaux de toute société civilisée ?

Il y a plusieurs type d'objectifs possibles...

On peut par exemple considérer que l'objectif d'une societe civilisée serait de reduire le rôle de l'état au minimum et de laisser la societe s'auto réguler pour le meilleur ou pour le pire en faisant confiance aux humains qui la constituent pour la gérer harmonieusement.

Ou alors, on peut partir sur une forme de méritocratie et considerer qu'il faut que les plus aptes à prospérer puissent le faire et que ceux qui en sont incapables se debrouillent comme ils le peuvent avec ce qu'ils ont.

Enfin, on peut aussi considérer que l'objectif fondamental de toute société civilisée est d'assurer aux être humains la composant la satisfaction de leurs besoins tant primaires (se nourrir, avoir un toit sur la tête, se soigner) que plus généraux (Accès à l'éducation, accès aux loisirs, accès à la culture,...).

Et c'est seulement à partir du moment où les objectifs sont définis qu'on peut commencer à réflechir au comment les atteindre.

je ne vais pas faire mystère de mon positionnement sur cette question car de toute façon, l'intitulé de mon site donne un bon indice. Je suis de ceux qui considerent que l'objectif de toute société civilisée doit etre d'assurer l'épanouissement sur tous les plans des humains qui la composent.

Cela implique donc de satisfaire tous les besoins humains qui concourrent à cette satisfaction donc tout ce que j'ai déjà cité plus haut, alimentation, logement, santé, éducation , loisirs , culture... etc Cela implique aussi de préserver l'environnement (air, eau, vie animale et végétale,...) dans lequel nous vivons car sa préservation est une nécessité pour la survie de notre espèce et son epanouissement.

Partant de là, je considere que toutes les richesses produites par la société doivent en priorités être dirigées vers l'accomplissement de cet objectif, ce qui implique que les capacité des êtres humains au niveau individuel à amasser des richesses pour leur compte doivent être limités à un niveau suffisamment haut pour maintenir une certaine motivation sans permettre de dépasser certains seuils au delà desquels il faut considérer l'amassage de richesses comme un comportement de parasite vis à vis de l'ensemble de la société, tout du moins tant que l'objectif n'est pas atteint.

Cela implique donc que je suis pour un état qui intervient fortement et pilote l'économie au nom de l'intérêt général ainsi qu'un état qui anticipe et planifie les defis de l'avenir car une société qui ne progresse plus est une société qui file droit à sa perte.

Est ce que cela fait de moi un socialiste ou communiste (pas dans le sens politicien du terme mais dans le sens de la vision du fonctionnement de la société qu'impliquent ces idéologies)? Pas forcément même si certaines analyses économiques issues de ces modèles me semblent avoir du sens...

Par contre, je considère qu'il va falloir réfléchir à un système qui se substitue au capitalisme actuel qui n'est clairement pas capable de répondre aux objectifs que j'indiquais plus haut. Et je ne suis pas forcément bloqué sur le modèle à retenir tant qu'il y répond.

Je suppose qu'il faudrait conserver certains aspects du capitalisme qui peuvent avoir un intérêt en terme d'efficacité tout en lui adjoignant un modèle différent plus tourné vers la satisfaction des besoins humains...

Il y a par contre une chose qui me semble évidente, c'est qu'il ne suffira pas d'un claquement de doigts pour passer du système capitaliste neo liberal actuel à ce système alternatif que j'appelle de mes voeux. Quand certains (surtout à gauche, il faut le reconnaitre) nous expliquent qu'eux rasent gratis et qu'il suffira de faire ceci ou cela pour que, comme par magie, ce soit le bonheur et la felicité nous prennent pour des pimpins.

Si encore la France avait sa pleine souveraineté tant en matière économique, fiscale, politique, industrielle et monétaire, le passage à un système alternatif serait envisageable dans un délai raisonnable mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les gouvernements qui se sont succedés depuis une grosse cinquantaine d'années à la tête du pays ont desarmé notre pays sur tous ces aspects.

Economiquement, fiscalement, politiquement et monnaitairement, nous avons peu à peu abandonné notre souveraineté à une union européenne taillée sur mesure pour porter les dogmes neoliberaux et les imposer à ses états membres et à leurs peuples.

Aujourd'hui, même si le peuple le voulait, il ne pourrait imposer une politique qui aille à l'encontre du neoliberalisme et s'il le faisait malgré tout, cela se traduirait par des attaques economiques terribles contre lesquelles nous serions bien en peine de nous protéger, tant nous sommes devenus dépendants des pays étrangers pour certains produits dont on peut difficilement se passer.
Si on rajoute à cela la délégation de notre politique monétaire à la banque centrale européenne, nous n'avons plus la maitrise des leviers puissants qui nous permettraient de décider de notre destin sans risquer des conséquences terribles.

Cela implique donc qu'avant de changer de système, il sera nécéssaire d'en passer par une phase transitoire de restauration de notre souveraineté industrielle au sens large avant de pouvoir envisager autre chose en étant capables de limiter la casse.

Et il faudra avoir conscience que même une fois cet objectif de restauration de notre souveraineté atteint, nous traverserons nécessairement des moments difficiles tant nous sommes plongés jusqu'au cou dans la mélasse neoliberale car ceux qui sont les gagnants du système actuel ne prendront pas le risque de laisser ce developper un système alternatif qui pourrait les priver de la poule aux oeufs d'or.

Les adeptes du "y a qu'à, faut qu'on, suffit de" sont comme ces gens qui ont envie de gravir l'Everest mais arrivent en tongs avec un short et une chemise hawaienne. Cela ne peut que très mal se terminer. Il y aura donc forcément une phase transitoire durant laquelle nous reconstitueront notre souveraineté et pendant laquelle nous devrons continuer à respecter certains des dogmes économiques actuels.

N'ayant pas de formation particulière en économie, il me serait bien compliqué actuellement d'être beaucoup plus précis dans ma description de mon système économique idéal sauf à commencer à énumerer un catalogue de mesures qui flatteraient mon idée de ce qu'est le bon sens en la matière, ce qui finirait par accoucher d'un objet économique sans doute remplie d'incohérence et bien peu viable.

Néanmoins, je ne m'interdis pas de compléter cet article voire de me risquer à des propositions plus concrètes si je m'en sens un jour la légitimité donc restez à l'écoute :)